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sur : la vie, la mort, l’au-delà
RÉCONCILIATION
ENTRE
DIEU
ET L'HOMME
ÉTUDE XIII
* * *
L'ardent désir ou les vives espérances de la création gémissante. — Elles ne sont pas des preuves. — Les promesses et les œuvres qui réalisent la réconciliation en sont — Une distinction et une différence. — L’âme humaine est-elle immortelle ou a-t-elle l’espoir de devenir ? — Les anges sont-ils immortels ? — Satan est-il immortel ? — La vie et l'immortalité mises en évidence par l'Évangile. — Les termes grecs rendus par immortel et immortalité dans les Écritures. — En quoi l'espérance de l'Église diffère-t-elle de celle du monde sauvé ?
« Si un homme meurt, revivra-t-il ? tous les jours
de ma détresse, j'attendrais jusqu'à ce que mon état vînt à changer ».
— Job 14 : 14 (D).
« Notre Sauveur Jésus-Christ... a annulé la mort et a fait luire la vie [éternelle et l'incorruptibilité par l'Évangile ». — 2 Tim. 1 : 10.
* * *
Il y a dans l'homme un espoir tenace lui disant que la mort ne met pas fin à toute existence ; c'est une espérance vague, indéfinie faisant pressentir que, d'une manière ou d'une autre et dans un lieu ou dans un autre, la vie commencée maintenant se prolongera. Chez certains, cette espérance engendre la crainte. Se rendant compte, en effet, qu'ils sont indignes d'un avenir de bonheur beaucoup de gens craignent un avenir de malheur, et plus ils le redoutent pour eux-mêmes et pour d'autres, plus ils y croient.
Cette espérance indéfinie
d'une vie future et sa contrepartie, la crainte, prirent sans doute naissance
lors de la condamnation que l'Éternel prononça contre le serpent après la
chute d'Adam dans le péché et la mort : il déclara qu'à la fin, la semence
(*) [ou « postérité » — Trad.]
de la femme devait écraser la tête du serpent. Nos premiers parents comprirent
sans nul doute que cela signifiait qu'au moins une partie de la famille adamique
triompherait finalement de Satan, du péché et de la mort, dans lesquels ce
dernier les avait fait tomber. Nul doute que Dieu encouragea une telle espérance
; il ne parla cependant que d'une manière vague à Noé et par Noé, ainsi que
par Énoch qui prophétisa : « Voici, l'Éternel est venu au milieu de ses
saintes myriades » (Jude 14). Mais l'Évangile (la bonne nouvelle)
d'un salut qui délivre de la mort et doit être offert à toute l'humanité, au
temps opportun de Dieu, paraît avoir été énoncé clairement tout d'abord à
Abraham.
Il est certain que, ou bien la diffusion des conceptions judaïques parmi
les humains, ou bien l'espérance native du cœur de l'homme, ou bien ces deux
raisons ensemble ont amené le monde entier à croire en une vie future et
presque tous croient qu'elle sera éternelle. L'Apôtre appelle cela : « L'ardent
désir de la créature » — de la création qui gémit. Mais de telles espérances
ne sont pas des preuves de la doctrine ; et les promesses de l'Ancien
Testament faites aux Juifs, sont trop vagues pour constituer la base d'une foi
solide et encore moins d'une « théologie dogmatique »
sur ce sujet.
Ce n'est qu'après avoir
trouvé dans le Nouveau Testament les déclarations claires et positives de
notre Seigneur, et ensuite celles, également claires des apôtres sur cet
important sujet de la Vie éternelle, que nous commençons à remplacer
de vagues espérances par des convictions positives. Dans leurs paroles, nous
avons non seulement des déclarations positives assurant que les possibilités
d'une vie future ont été obtenues pour tous, mais aussi exposées comme nulle
part ailleurs, la doctrine philosophique de ce fait et la manière dont sera
obtenue et maintenue cette vie éternelle.
Beaucoup de personnes n'ont
pas remarqué ces points essentiels ; c'est pourquoi elles sont « faibles
dans la foi ». Examinons ce qu'est cette doctrine philosophique et soyons
plus assurés que jamais que la vie future, la vie éternelle, est une
possibilité pour chaque membre de la famille humaine, grâce aux dispositions
prises par notre grand et sage Créateur.
En examinant, dans le Nouveau
Testament, le fondement de cette assurance de Vie éternelle nous trouvons à
notre étonnement qu'en tout premier lieu, il nous avertit qu'en nous-mêmes et
par nous-mêmes, nous n'avons rien qui puisse nous donner la moindre espérance
de vie éternelle ; que la vie de notre race fut perdue par la désobéissance
de notre père Adam ; que bien que ce dernier eût été créé parfait et adapté
pour vivre à toujours, non seulement son péché attira le salaire du péché,
la mort, sur lui, mais ses enfants naissent dans une condition mourante de mort
graduelle et continue, héritiers qu'ils sont de ces influences morbides et
mortelles. La loi de Dieu est parfaite, comme Dieu lui-même est parfait, et sa
créature (Adam) l'était aussi avant qu'elle péchât ; car, de Dieu, il
est écrit : « Son œuvre est parfaite ». Dieu n'approuve, par sa
loi, que ce qui est parfait, et condamne à la destruction tout ce qui est
imparfait. En conséquence, la race d'Adam, « née dans l'iniquité et conçue
dans le péché », n'a aucune espérance de vie éternelle, sauf aux
conditions présentées dans le Nouveau Testament et appelées l'Évangile,
la bonne nouvelle, à savoir qu'une voie pour revenir de la chute à la
perfection, à la faveur divine et à la vie éternelle, a été ouverte par
Christ pour tous ceux de la famille d'Adam qui voudront en bénéficier.
L'idée principale de cette
espérance de réconciliation avec Dieu, et ainsi avec une espérance ravivée
de vie éternelle, se trouve dans les déclarations : (1) que « Christ est
mort pour nos péchés » et (2) qu'il « ressuscita pour notre
justification » ; car « l'homme Christ-Jésus se donna lui-même en
rançon [prix équivalent] pour tous ».
Pourtant, bien que les
dispositions prises par l'Éternel soient abondantes pour tous, elles ne sont
applicables à personne sauf sous certaines conditions, à savoir :
« Qui croit au Fils a la vie [un droit ou privilège de vie comme
don de Dieu] ; mais celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie
[parfaite] » . — Jean 3 : 36 ; 1 Jean 5 : 12.
Nul ne peut obtenir la vie éternelle
que par Christ le Rédempteur et le Dispensateur de vie désigné
par Dieu ; et la vérité qui nous apporte le privilège de manifester la foi et
l'obéissance, et ainsi de « saisir la vie éternelle », est appelée
« l'eau de la vie » et le « pain de vie ». — Jean 4 :
14 ; 6 : 40, 54.
Cette vie éternelle ne sera
accordée qu'à ceux qui, lorsqu'ils en auront connaissance ainsi que des
conditions dans lesquelles elle sera accordée comme un don, la chercheront, en
vivant conformément à l'esprit de sainteté. Ils la récolteront comme un don
en récompense. — Rom. 6 : 23 ; Gal. 6 : 8.
Pour gagner cette vie éternelle, il faut que nous devenions les « brebis » du Seigneur et que nous suivions la voix, les instructions du Berger. — Jean 10 : 26-28; 17 : 2, 3.
Le don de la vie éternelle ne sera imposé à personne. Au contraire, il faudra qu'il soit désiré, recherché et saisi par tous ceux qui voudront l'obtenir. — 1 Tim. 6 : 12, 19.
C'est donc une espérance,
plutôt que la vie réelle, que Dieu nous donne maintenant ; c'est l'espérance
que nous pourrons finalement parvenir à la vie éternelle parce que Dieu a
pourvu à un moyen par lequel il peut être juste tout en justifiant tous ceux
qui croient vraiment en Christ et qui l'acceptent.
Par la grâce de Dieu, non seulement notre Seigneur Jésus nous acheta par le sacrifice de sa vie donnée pour la nôtre, mais il devint en outre notre grand Souverain Sacrificateur, et comme tel, il est maintenant l'« auteur » [la source] du salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent » (Héb. 5 : 9). « Et c'est ici la promesse qu'il nous a faite — la vie éternelle ». — 1 Jean 2 : 25.
« Et c'est ici le témoignage : que Dieu nous a donné la vie éternelle [maintenant par la foi et l'espérance, bientôt d'une manière réelle, « quand celui qui est notre vie apparaîtra » ] ; et cette vie est dans son Fils : celui qui a le Fils a la vie, celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie ». — 1 Jean 5 : 11, 12.
Cette vie éternelle, qu'Adam et toute sa race peuvent obtenir grâce à
notre Créateur et au moyen de notre Rédempteur, est destinée et promise
seulement aux fidèles et aux obéissants ; au temps présent elle ne leur est
donnée que comme une espérance, mais elle sera effectivement
donnée aux fidèles à la « résurrection »
!
On remarquera que les
promesses formelles de la Parole de Dieu diffèrent considérablement des
philosophies du monde qui traitent ce sujet. Ces philosophies prétendent que
l'homme doit avoir une vie éternelle future, parce qu'il l'espère ou,
le plus souvent, le craint. Mais des espérances et des craintes ne sont pas des
bases raisonnables pour établir et fonder une croyance sur un sujet quelconque.
Il n'existe pas non plus de base solide permettant de prétendre qu'il y a quelque
chose dans l'homme qui doit vivre à toujours. On ne connaît, dans
l'organisme humain, aucune partie ou élément qui ait cette propriété.
Par contre, la conception des
Écritures sur ce sujet ne peut donner lieu
à aucune objection de ce genre : il est tout à fait raisonnable de considérer
notre existence, l'existence de l'âme, telle qu'elle est selon la Parole,
c'est-à-dire un « don de
Dieu » et non une possession acquise qui nous est propre et inaliénable.
En outre, cette conception biblique nous permet d'éviter une grande et sérieuse
objection à laquelle se heurtent les conceptions philosophiques païennes ; en
effet, lorsque le philosophe païen déclare que l'homme ne peut périr, qu'il doit
vivre à toujours, que la vie éternelle n'est pas un don de Dieu, comme
le dit la Bible, mais une qualité inhérente à l'être, humain, il va trop
loin dans ses prétentions. Selon une telle philosophie, l'existence éternelle
appartiendrait non seulement à ceux qui l'emploieraient au bien et pour qui
elle serait une bénédiction, mais aussi à d'autres qui en feraient un mauvais
usage et pour qui elle serait une malédiction. Les Écritures, au contraire,
comme nous l'avons déjà montré, enseignent que ce grand et inestimable immortalité
don précieux (la vie éternelle) ne sera accordé qu'à ceux qui croiront et
obéiront au Rédempteur et Dispensateur de vie. Ceux auxquels ce don serait un
préjudice grave, non seulement ne la possèdent pas maintenant, mais ils ne
pourront jamais l'obtenir. « Le
salaire du péché, c'est la mort, mais le don de Dieu c'est la vie éternelle
par Jésus-Christ, notre Seigneur » (Rom 6 : 23). Les méchants (tous ceux
qui, après avoir reçu une claire connaissance de la vérité, refuseront
encore volontairement d'obéir à ses enseignements) seront retranchés du
milieu du peuple de Dieu par la Seconde Mort. Ils
« seront comme s'ils n'avaient jamais été », « ils
seront complètement détruits ». « La destruction éternelle »
sera leur sort final, une destruction qui durera à toujours, de laquelle il n'y
aura ni rétablissement, ni résurrection. Ils subiront la perte de la vie éternelle
et de tous ses privilèges, joies et bénédictions, la perte de tout ce
que les fidèles gagneront. — Actes 3 : 23 ; Ps. 37 : 9, 20 ; Job 10 :
19 ; 2 Thess. 1 : 9.
Le don fait par Dieu de la
vie éternelle est précieux pour tout son peuple, et il importe que tous ceux
qui ont une vie bien équilibrée et logique, saisissent ce don par la main de
la foi. Seuls, ceux qui ont ainsi « saisi
la vie éternelle », en acceptant et en se consacrant à son service,
peuvent affronter dans de bonnes conditions et avec profit les tempêtes de la
vie qui font rage actuellement.
UNE DISTINCTION ET UNE DIFFÉRENCE
A présent que nous avons
examiné l'espérance de l'immortalité d'après la compréhension ordinaire de
ce mot (vie éternelle), et que nous avons trouvé que la vie éternelle est la
disposition prise par Dieu pour tous ceux de la race d'Adam qui l'accepteront
« au temps convenable » sous
les termes de la Nouvelle Alliance, nous sommes préparés à faire un pas de
plus et à remarquer que vie éternelle et immortalité ne sont pas des
termes synonymes, comme les gens le supposent en général. Le mot « immortel »
signifie davantage que le pouvoir de vivre éternellement, et selon les Écritures, des millions d'individus pourront en définitive jouir de la vie
éternelle, alors que, seulement un « petit
troupeau » au nombre très limité, sera fait immortel.
L'Immortalité est un élément ou une qualité de la nature divine, mais non d'une nature humaine, ou angélique ou de n'importe quelle autre nature. C'est parce que Christ et son « petit troupeau » (son « épouse » ) doivent être « participants de la nature divine » qu'ils seront des exceptions par rapport à toutes les autres créatures dans le ciel ou sur la terre. — 2 Pi. 1 : 4.
L'ÂME HUMAINE EST-ELLE IMMORTELLE ?
OU A-T-ELLE UNE ESPÉRANCE DE LE DEVENIR ?
Nous avons vu qu'une âme humaine (être sensitif) résulte d'une union du souffle de vie (ruach, pneuma) avec un organisme ou corps humain, exactement comme dans le cas des âmes (êtres sensitifs) animales inférieures, excepté que l'homme est doté d'un organisme supérieur, un corps supérieur possédant des facultés et des qualités supérieures. Nous nous posons donc maintenant la question : Tous les animaux sont-ils immortels ? Si l'on nous répond par la négative, nous sommes alors forcés de demander : Que possède l'homme de plus que les animaux inférieurs à lui, et qui lui fasse espérer son immortalité ?
La déclaration de Salomon aussi bien que nos propres observations attestent que l'homme est soumis à la mort comme les animaux inférieurs : « Comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre ; et ils ont tous un même [genre de] souffle [esprit de vie, ruach] » (Eccl. 3 : 19). En tout lieu, le crêpe, le cercueil, le corbillard, le cimetière, témoignent tous qu'il est bien vrai que l'homme meurt, qu'en conséquence, il n'est pas immortel, car le mot « immortel » signifie inattaquable par la mort (« death-proof »), qui ne peut pas mourir. Quelle que soit l'espérance de l'immortalité pour l'homme, il ne la possède pas actuellement ; elle peut tout au plus être une espérance en quelque disposition divine, future.
Avant d'approfondir cette
question, il nous sera utile d'examiner la signification des mots « mortel »
et « immortel » , car ces termes sont généralement mal compris et
amènent souvent la confusion dans les pensées.
Le mot immortel
signifie non mortel, — réfractaire à la mort, incorruptible,
indestructible, impérissable. Tout être dont l'existence dépend en quelque
manière d'un autre, ou de conditions telles que la nourriture, la lumière,
l'air, etc. n'est pas immortel. Cette qualité, à l'origine, était inhérente
à Jéhovah Dieu seul, ainsi qu'il est écrit :
« Le Père a la vie en lui-même (Jean 5 : 26) ; autrement
dit, son existence ne provient pas d'ailleurs, et elle n'a pas besoin d'être
entretenue. Il est le Roi éternel, immortel, invisible (1 Tim. 1 : 17). Ces
passages de l'Écriture étant d'une autorité indiscutable sur ce sujet, il nous
est permis de savoir, sans l'ombre d'un doute, que les hommes, les anges, les
archanges, ou même le Fils de Dieu, avant et pendant le temps qu' « il
fut fait chair et a habité parmi nous », n'étaient pas immortels —
tous étaient mortels.
Mais le mot « mortel »
ne signifie pas mourant mais simplement dans la possibilité de mourir (ou
susceptible de mourir — Trad.), qui possède une vie dont la continuation dépend
de Dieu. Les anges, par exemple, n'étant pas immortels, sont mortels et
pourraient mourir, pourraient être détruits par Dieu s'ils devenaient rebelles
à son gouvernement sage, juste et bon. En lui (par sa providence), ils vivent,
se meuvent et ont leur existence.
La définition commune de
mortel est mourant (dict. : sujet à la mort — Trad.), et celle
d'immortel est : éternel ; elles sont fausses toutes les deux. Pour démontrer
la fausseté de ces définitions générales, posons une simple question :
ADAM FUT-IL CREE MORTEL OU
IMMORTEL ?
Si l'on répond : « Adam
fut créé immortel », nous répliquons : comment, alors, fut-il menacé
de mort, et ensuite, condamné à mort ? Et comment pouvait-il mourir s'il était
réfractaire à la mort ? Pourquoi Dieu, en le punissant, le chassa-t-il du
Jardin d'Eden, loin du bosquet ou des arbres de la vie, de peur qu'en en
mangeant, il ne vive à toujours ? — Gen. 3 : 22.
Si l'on répond que l'homme
fut créé mortel (selon la définition erronée commune, qui est mourant, ou
qui doit mourir) nous demandons : Comment Dieu pouvait-il condamner l'homme à
mort après sa désobéissance, s'il était déjà une créature mourante et
n'avait jamais été autrement ? Et si Adam fut créé mourant, comment Dieu
pouvait-Il déclarer que sa mort vint par son péché ?
La confusion est inévitable,
si l'on ne discerne pas clairement les vraies définitions de mortel et immortel
comme suit :
Immortel : état ou condition dans laquelle la mort est impossible, condition de celui qui est invulnérable à la mort (*) [dict. fs : « Qui n'est point sujet à la mort ». — Trad.].
Mortel : état ou condition dans laquelle la mort est possible ; condition qui permet la mort mais non nécessairement une condition mourante ou qui mène à la mort, à moins qu'une condamnation à mort n'ait été encourue (**) [dict. fs : « Sujet à la mort » — Trad.].
De ce point de vue, nous
pouvons immédiatement voir qu'Adam fut créé mortel, c'est-à-dire dans
une condition telle qu'il était possible qu'il meure ou qu'il vive éternellement,
selon qu'il plaise ou qu'il déplaise à son sage, juste et bon Créateur. Si
Adam était resté obéissant, il aurait continué à vivre jusqu'à maintenant
et à toujours, et pourtant il serait, tout le temps, resté mortel,
sujet à la mort s'il désobéissait. Une telle condition n'aurait pourtant pas
comporté d'incertitude ; car Dieu, avec qui il avait affaire, ne change pas ;
c'est pourquoi Adam aurait eu une pleine assurance de conserver la
vie éternelle aussi longtemps qu'il serait resté loyal et obéissant à son Créateur.
On ne pouvait raisonnablement demander davantage du Père Céleste.
La condition
de vie d'Adam, avant sa désobéissance, était semblable à celle dont
jouissent maintenant les saints anges ; il avait la vie dans sa plénitude —
la vie durable — qu'il aurait pu conserver pour toujours en restant obéissant
à Dieu ; mais n'étant pas inattaquable par la mort, puisqu'il n'avait pas
« la vie en lui-même » , il dépendait donc, pour continuer à
vivre, de conditions imposées par son Créateur ; la menace faite par Dieu que
si Adam désobéissait il devrait mourir, était donc positive. Elle signifiait la perte de l'étincelle de vie, du « souffle de vie »,
sans lequel le corps tomberait en poussière et l’âme vivante (ou être
sensitif) cesserait d'exister. Si Adam avait été immortel, s'il avait
été impossible qu'il meure, s'il avait été invulnérable à la mort, la
sentence de Dieu n'aurait été qu'une vaine menace. Mais Adam étant mortel,
sujet à la mort sauf s'il avait pour maintenir sa vie les moyens d'existence
fournis par son Créateur, il mourut, comme il en avait été prévenu, « au
jour » de sa désobéissance. — Voir 2 Pi. 3 : 8.
A ceux qui pensent que la
Bible est remplie d'expressions telles que : âme immortelle, âme impérissable,
âme ne mourant jamais, etc., nous ne pouvons pas donner de meilleur conseil
que celui de prendre une concordance biblique et d'y chercher ces expressions et
d'autres de même importance. Ils n'en trouveront aucune : et ainsi, les
chercheurs sincères de la vérité seront bien vite convaincus eux-mêmes que
les chrétiens en général ont, pendant des siècles, et du moins en pensée, ajouté
à la Parole de Dieu, en grande partie à leur propre confusion.
D'après les Écritures, les
anges jouissent de la vie éternelle mais sont mortels ; autrement dit,
l'éternité de leur existence ne provient pas de ce qu'ils sont immortels ou à
l'abri des attaques de la mort, et qu'ainsi ils ne pourraient pas être détruits
par leur Créateur ; mais elle provient du fait que Dieu désire qu'ils vivent
aussi longtemps qu'ils veulent employer leur vie en harmonie avec ses
dispositions justes et miséricordieuses. Cela est facile à démontrer, car
Satan n'était-il pas un des saints anges avant que son orgueil et son ambition
le fissent tomber dans le péché ? Et ne devint-il pas ainsi l'un des méchants
(qui s'opposent volontairement et intentionnellement à Dieu) dont il est
écrit : « L'Éternel.....
exterminera tous les méchants » —
« lesquels subiront le châtiment d'une destruction éternelle »
(Ps. 145 : 20 ; 2 Thess. 1 : 9) ? Remarquez la déclaration explicite concernant
la destruction de Satan ; elle sera applicable en principe à tous ceux qui
suivent sa mauvaise voie et rejettent sciemment et intentionnellement les
arrangements divins. — Héb. 2 : 14.
S'il est vrai que les Écritures parlent bien de la mortalité de l'homme et, qu'en fait, dans leur
presque totalité, elles se bornent à examiner les relations de l'homme avec
Dieu, elles enseignent non moins positivement, d'une autre manière, la mortalité
des anges, en déclarant que Christ « seul possède l'immortalité »
(1 Tim. 6 : 16) — le Père étant, comme toujours, excepté (1 Cor. 15 : 27).
Comme nous l'avons déjà vu, notre Seigneur Jésus reçut l'immortalité
(qui est un élément ou qualité de la « nature
divine » seulement) à sa résurrection, et en récompense de sa fidèle
obéissance à la volonté du Père, cette obéissance qui alla jusqu'au
sacrifice de lui-même, « jusqu'à la mort, et à la mort de la croix.
C'est pourquoi aussi Dieu l'a haut élevé (*) [Phil. 2 : 8,
9.] ». Bien que toujours supérieur à
toutes les autres créatures, lui l' « Unique Engendré »,
cette exaltation l'éleva, ainsi que l'Apôtre le déclare, bien
au-dessus des anges, principautés et puissances et de tout nom qui se nomme
dans les cieux et sur la terre. — Eph. 1 : 21.
Il devient ainsi évident,
selon la propre révélation de Dieu sur le sujet, que seuls lui-même et son
Fils, l'Unique Engendré, possédaient cette condition d'immortalité au moment
où les apôtres écrivirent leurs épîtres. En effet, si l'Unique Engendré
avait été immortel antérieurement à son élévation, il n'aurait pu être le
Sauveur du monde, parce qu'il n'aurait pas pu mourir ; et selon
l'arrangement divin, pour être notre Rédempteur, il devait mourir ; nous
lisons en effet : « Christ mourut pour nos péchés », et dans la
suite il fut élevé à l'immortalité.
L'Ancien Testament parle d'une manière vague des espérances d'une vie éternelle
; mais l'immortalité n'y est même pas mentionnée. En effet, l'Apôtre inspiré
dit de notre Seigneur Jésus, qu'il a « aboli la mort [brisé son emprise
sur l'homme] et mis en évidence la vie et l'immortalité par l'Évangile »
(2 Tim. 1 : 10). Ceci montre deux choses : (1) que la vie parfaite, la vie
durable, est séparée et distincte de l'immortalité, l'indestructibilité. (2)
Ceci montre également que ni l'une ni l'autre de ces grandes bénédictions
n'avaient été révélées ou rendues accessibles avant l'évangile — le
« grand salut qui commença à être annoncé par notre Seigneur ».
— Héb. 2 : 3.
Et que mit donc
« en évidence » l'évangile
de notre Seigneur au sujet de ces deux grandes bénédictions (la vie et
l'immortalité) ?
(a) II montre que, par la grâce
divine, notre Seigneur racheta toute la postérité d'Adam et procura ainsi, à
chaque membre de la race humaine, une occasion de revenir de la mort à la
vie ; en d'autres termes, il annonce la venue « des temps de rétablissement de toutes choses
dont Dieu a parlé par la bouche de tous les saints prophètes depuis le
commencement du monde ». Le rétablissement, dans son sens le plus élevé
et le plus complet, aura pour but de faire sortir tous ceux qui seront rétablis,
non seulement de la tombe, mais aussi des divers degrés de la mort (représentés
par la maladie et l'imperfection), pour les ramener à la vie, à la vie
durable, comme Adam en jouissait avant sa désobéissance. L'évangile de Christ
nous assure qu'une pleine occasion d'obtenir cette bénédiction de la vie sera
accordée à tous, dans les conditions raisonnables de la Nouvelle Alliance —
« au temps convenable ». — 1 Tim. 2 : 6.
(b) La « lumière »
de l'évangile de Christ montre une disposition spéciale du plan divin
en vue d'appeler, d'éprouver et de préparer spécialement un petit nombre de
ses créatures à quelque chose de plus qu'une ressemblance morale et
raisonnable avec lui-même ; il s'agit d'une invitation à se conformer à la
volonté du Père et à lui prouver ainsi leur fidèle obéissance à tel point
qu'il puisse faire d'eux de « nouvelles-Créatures »,
« l'image expresse de sa personne », des « participants de la
nature divine » dont un élément essentiel est l'immortalité.
Ceci fut mis en évidence, mis en lumière, par notre Seigneur Jésus dans son
évangile de la grâce de Dieu.
Nous nous demandons avec stupéfaction
: A quelles saintes créatures de Dieu, un si haut-appel est-il adressé : aux
anges, aux chérubins ou aux séraphins ? L'évangile de Christ répond que cet
appel n'est pas du tout présenté aux anges, mais au Fils de l'Homme et à son
« épouse » dont les membres sont choisis d'entre ceux qu'il racheta
par son précieux sang.
Considérez celui qui, en vue
de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé
l'ignominie, et qui, de ce fait, est assis maintenant à la droite (place de
faveur) du trône de Dieu. Il était riche, mais pour nous, il se fit pauvre. Étant
donné que l'homme et sa race qui devaient être rachetés étaient des
humains, il était nécessaire que Jésus devînt un humain, afin de pouvoir
donner la rançon ou prix correspondant. C'est pourquoi il s'humilia et prit la
forme d'un serviteur, et après être devenu un homme, Il s'humilia jusqu'à la
mort, même jusqu'à la mort la plus ignominieuse, la mort de la croix. « C'est
pourquoi Dieu l'a haut élevé [à la nature divine promise, à sa résurrection]
et lui a donné un nom au-dessus de tout nom [le nom de Jéhovah excepté — 1
Cor. 15 : 27] » . — Héb. 12 : 3, 2 ; 2 Cor. 8 : 9 ; Phil. 2 : 8, 9.
« Digne est l'Agneau qui a été immolé de recevoir la
puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et gloire, et bénédiction ».
— Apoc. 5 : 9-12.
Les grandes richesses de la
faveur divine auraient bien pu se limiter à l'élévation de cet Etre éminent
et digne ; mais il n'en fut pas ainsi, car Dieu, le Père, avait décidé que
Christ Jésus, en qualité de Chef, conduirait une assemblée de Fils de Dieu à
« la gloire, l'honneur et l'incorruptibilité » (Héb. 2 : 10
; Rom. 2 : 7 — note D.).
L'Age de l'Évangile, qui dure
depuis la Pentecôte jusqu'à l'établissement du Royaume à la seconde venue de
Christ, est le temps de la sélection de cette classe de personnes élues qui
forment l'Épouse de Christ, appelée aussi « l'Église », le « corps
de Christ », « la sacrificature royale », la « postérité
d'Abraham » (Gal. 3 : 29), etc. ; si dans cet Age la permission du mal
subsiste encore, c'est dans le dessein de développer ces « membres du
corps de Christ » et de leur fournir l'occasion de sacrifier tout le peu
qu'ils ont et qui a été racheté, de le consacrer au service de celui qui les
racheta par son sang précieux, de développer ainsi dans leur cœur sa
ressemblance spirituelle, afin qu'au terme de cet Age, ils soient présentés
par leur Seigneur et Rédempteur devant le Père, et que Dieu puisse voir en eux
« l'image de son Fils » . — Col. 1 : 22 ; Rom. 8 : 29.
De même que la récompense de « gloire, d'honneur et d'immortalité »,
et tous les éléments et attributs de la nature divine, ne furent accordés au
« Premier Engendré » qu'au terme de sa course, lorsqu'il eut
achevé son sacrifice et son obéissance jusqu'à la mort, ainsi en est-il de l'Église,
son « Épouse », considérée comme un tout et traitée
collectivement. Notre Seigneur, le Premier-né et le Chef, « entra dans sa
gloire » à sa résurrection ; là, il devint participant de la nature
divine dans sa plénitude, par sa naissance
« d'entre les morts », sa naissance « de l'Esprit »
; là, il fut souverainement élevé au trône et à la plus haute faveur («
la droite » ) de Dieu, et ainsi, il a promis à son Église, à son
« Épouse » qu'elle serait changée à la résurrection, par
la puissance divine, passant de la nature humaine à la gloire, à l'honneur et
à l'immortalité de la nature divine. — Héb. 13 : 20 ; 2 Pi. 1 : 4.
Il est aussi écrit en
parlant de « la résurrection »
de l'Église : « II est semé en corruption, il ressuscite en
incorruptibilité [immortalité] ; il est semé en déshonneur, il ressuscite en
gloire ; il est semé en faiblesse, il ressuscite en puissance ; il est semé
corps animal, il ressuscite corps spirituel ». — 1 Cor. 15 : 42-44, 49.
Les conditions imposées à
tous ceux qui veulent assurer leur appel et leur élection pour obtenir cette
position de faveur sont rigoureuses, et néanmoins, constituent
« un service raisonnable » ; en compensation, les fidèles
ont la promesse de la « gloire, l'honneur et l’immortalité »,
« de la nature divine » afin qu'ils aient part à l'élévation
souveraine du Rédempteur, « bien au-dessus des anges », s'ils
partagent son ignominie, en marchant sur ses traces, en suivant son exemple dans
le temps présent où il est permis au mal de triompher.
Remarquons bien le fait que toutes les promesses ou suggestions d'espérance d'immortalité contenues dans la Parole de l'Éternel sont destinées à cette Église spéciale élue. C'est la vie inhérente à laquelle notre Seigneur fait allusion lorsqu'il dit : « Comme le Père a la vie en lui-même [une vie n'exigeant aucun entretien, l'immortalité, ainsi il a donné au Fils aussi d'avoir la vie en lui-même — [l'immortalité] » qu'il donnerait à qui Il voudrait à son épouse, à son Église » — aux « membres de son corps ». — Jean 5 : 26 ; Eph. 3 : 6.
Deux mots grecs sont traduits
par immortalité :
(1) Athanasia que
Strong (*) [Réf. 110 — Trad.]
définit par le mot « deathlessness » , c'est-à-dire
la condition de ce qui n'est pas sujet à la mort (qui ne peut pas mourir), à
la destruction, à l'extinction. Ce mot ne se trouve que dans les passages
suivants : « II faut... que ce mortel revête l'immortalité [athanasia
— condition de ce qui n'est pas sujet à la mort ou impossibilité de mourir] »
— allusion à la première résurrection à laquelle l'Église seule participe ».
— 1 Cor. 15 : 53.
« ... et que ce mortel
aura revêtu l'immortalité [athanasia : impossibilité de mourir] »
— allusion à la même première résurrection de l'Église — 1 Cor. 15 : 54.
« Lui qui seul possède l'immortalité [athanasia :
impossibilité de mourir] » —
allusion à notre Seigneur, le Père étant comme toujours, excepté dans la
comparaison — 1 Tim. 6 : 16.
(2) Aphtharsia (**) [Réf. Strong 861 et 862 Trad.
] et aphthartos (**) [Réf. Strong 861 et 862 Trad.] (de la même racine) sont rendus deux fois par immortalité
et une fois par immortel, mais le seraient plus exactement par incorruptibilité
et incorruptible ; ils sont en général traduits ainsi par les lexicographes
(voir les versions françaises — Darby et Lausanne — Trad.). Voici tous les
passages de la Bible qui contiennent ces termes : « A ceux qui...
cherchent la gloire et l'honneur et l'incorruptibilité [aphtharsia] ».
— Rom. 2 : 7 (Voir note D. (*) [« a) incorruptibilité, non pas
immortalité » (D.). ]
« II est semé en corruption, il ressuscite en incorruptibilité
[aphtharsia] ». — 1 Cor. 15 : 42 (Cr., Maredsous, Pirot et Clamer
également — Trad.).
« La chair et le sang
ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu, et la corruption non plus n'hérite
pas de l'incorruptibilité [aphtharsia] ». — 1 Cor. 15 :
50 (même remarque qu'au verset précédent).
« II faut que ce
corruptible revête l'incorruptibilité [aphtharsia] » . —
1 Cor. 15 : 53.
« Quand ce corruptible
aura revêtu l'incorruptibilité [aphtharsia] ». — 1 Cor.
15 : 54.
« Que la grâce soit
avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ en pureté [aphtharsia
: incorruptibilité] » . — Eph. 6 : 24.
« Jésus-Christ... a fait luire la vie et l'incorruptibilité
[aphtharsia : incorruptibilité] par l'évangile » — 2 Tim 1 :
10.
« Dans l'enseignement,
de pureté de doctrine, de gravité, de parole saine [aphtharsia : incorruptibilité] »
— Tite 2 : 7.
« La gloire du Dieu incorruptible
[aphthartos : incorruptible] ». — Rom. 1 : 23.
« Afin de recevoir une couronne corruptible ; mais nous, une incorruptible
[aphthartos] ». — 1 Cor. 9 : 25.
« Les morts [l'Église] seront ressuscites incorruptibles [aphthartos] ».
— 1 Cor. 15 : 52.
« Au roi des siècles, l'incorruptible [aphthartos] invisible, seul Dieu ». — 1 Tim. 1 : 17.
« Un héritage incorruptible [aphthartos], sans
souillure, immarcescible, conservé dans les deux pour vous ». — 1 Pi. 1
: 4.
« Vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible,
mais par une semence incorruptible [aphthartos] ». — 1 Pi.
1 : 23.
« Dans l'incorruptibilité [aphthartos] d'un esprit
doux et paisible ». — 1 Pi. 3 : 4.
Ce terme contient l'idée de
: ce qui ne peut se corrompre, qui ne peut dépérir, ni perdre sa valeur ; aphtharsia.
est donc, à beaucoup d'égards, l'équivalent de athanasia (impossibilité
de mourir) quand il s'applique à des êtres sensitifs, car ce qui, ayant la
vie, est invulnérable à la mort, peut vraiment être appelé incorruptible.
L'ESPÉRANCE DES HUMAINS POUR
LA VIE ÉTERNELLE
Les savants et les évolutionnistes les plus hardis et les plus capables
ont essayé de démontrer que la vie de l’homme n’était pas un don du Créateur.
Dans leurs théories, ils font descendre l'homme et tous les animaux inférieurs,
par la voie de l'évolution, d'un germe microscopique, eh oui ! d'un
protoplasme que le Prof. Huxley appela « la base physique de la vie »
; et, avec plaisir, ils voudraient bien d'une manière ou d'une autre, ignorer
totalement le Créateur et Dispensateur de vie, mais en fait, ils n'ont pas été
capables de suggérer par quel moyen le protoplasme lui-même put tirer sa vie
d'une matière inerte. Jusqu'à un certain point, ils sont donc obligés
d'admettre une cause première et importante de la vie. Cependant, celui qui étudie
la Bible avec respect ne devrait éprouver la moindre difficulté à accepter la
déclaration des Écritures attestant que, seul, Dieu lui-même est la Première
Grande Cause, la Source de la vie, de laquelle provient toute vie sur tous les
plans ; comme le dit l'Apôtre : « Toutes choses sont du Père, et
toutes choses sont par le Fils, et nous par lui » (1 Cor. 8 : 6).
Reportons-nous en Eden : nous
y voyons Adam et Ève dans leur perfection, en possession de facultés morales et
intellectuelles, à la ressemblance de leur Créateur et de ce fait, bien supérieurs
à leurs sujets, la création animale ; ils étaient des âmes d'un ordre supérieur,
car ils possédaient un organisme supérieur et de plus haute qualité. Nous
nous demandons alors : Quel était le dessein de Dieu en créant l'homme ? Nous
voyons qu'en ce qui regarde la création animale, le dessein évident de
l'Éternel était que les animaux vivraient quelques années, puis mourraient et
feraient place à d'autres de leur espèce, leur rôle se bornant ainsi à être
des serviteurs selon le bon plaisir et à la convenance de l'homme, leur maître,
qui dans sa perfection était un maître bienveillant. Mais en ce qui concerne
l'homme ? Devait-il naître pour mourir comme les bêtes ? Nous venons précisément
de voir qu'il ne lui avait été accordé aucun attribut ou élément impérissable
mais, par contre, nous trouvons par de nombreux témoignages que Dieu a pris des
dispositions pour assurer la vie éternelle à tous ceux qui parviennent
à des conditions divinement approuvées : ces dispositions consistaient, non
pas dans le don de facultés et de qualités immortelles, mais dans la bonne
volonté et les desseins bienveillants de son Créateur, par lesquels seuls
l'homme « vit, se meut, possède l'existence ».
Occasionnellement, un penseur
superficiel prétendra que l'homme est immortel, indestructible parce que la
science a déterminé que « la matière est indestructible ».
Mais, comme nous l'avons déjà vu, la matière n'est pas l'homme,
pas plus que l'âme ou l'être n'est la matière. Le corps est de la matière,
mais pour être le corps d'un homme, la matière doit avoir une organisation
particulière, spéciale et ensuite l'esprit de vie doit être ajouté avant
qu'elle devienne l'homme ou l'âme. Nul ne prétendra qu'un organisme est
indestructible, et par suite, toute personne qui raisonne peut comprendre que l'être
(ou l'âme) basé sur un organisme ou en dépendant, peut être détruit. En
outre, ce raisonnement absurde (ou plutôt cette absence de raisonnement) serait
forcé, par analogie, de prétendre que tous les insectes et les animaux
rampants possèdent l'immortalité, sont indestructibles. Il y a une différence
considérable entre détruire la matière inerte et détruire l'être vivant.
Selon la Parole, Dieu déclara
à Adam, notre père, que sa vie était assurée et qu'elle se continuerait
aussi longtemps qu'il resterait un fils obéissant de Dieu ; que seul la désobéissance
l'exposerait (l'être, l'âme) à la mort. Les mêmes passages scripturaux nous
racontent la désobéissance de nos premiers parents et le jugement divin les
frappant de la sentence de mort, comme châtiment du péché. Nous devrions
remarquer avec attention comment notre Seigneur parla lorsqu'il prononça cette
sentence. Dieu ne s'adressa pas au corps privé de ses sens avant qu'il ait été
vitalisé. Il ne s'adressa pas non plus au souffle ou esprit de vie qui est
simplement un pouvoir vitalisant, dépourvu d'intelligence. Il s'adressa à
Adam, à l'âme, à l'être intelligent ou sensitif après qu'il eut été complètement
créé. Nous sommes tous d'accord qu'une telle manière de faire était la seule
raisonnable et convenable — que c'était à l'âme ou à l'être seul qu'il
devait être parlé. Remarquons maintenant les paroles de l'Éternel : «
Au jour où tu en mangeras, tu mourras certainement ».
Quand Adam transgressa la loi divine, et qu'en conséquence son âme fut
condamnée à mort, l'Éternel aurait pu exécuter sa sentence par une mort
instantanée ; mais au lieu de cela, il leva simplement les dispositions spéciales
qui assuraient la continuation de la vie d'Adam et ainsi le laissa mourir
graduellement. La Parole nous explique que l'homme aurait pu vivre
continuellement en mangeant des fruits d'un verger spécial d'arbres qui
donnaient la vie ; il aurait réparé ainsi l'usure journalière et n'aurait
subi aucun affaiblissement. Aussitôt que l'homme devint un transgresseur, l'accès
à ces arbres de vie, ou à ce verger de vie, lui fut retiré, et ainsi, comme
les animaux inférieurs de son domaine, il devint exposé à la mort. Dans le
cas de l'homme, toutefois, la mort est appelée une
« malédiction », parce qu'elle fut le résultat de la
violation des lois divines et, du même coup, la malédiction qui tomba sur le
roi de la terre, s'étendit à son domaine, et à tous ses sujets, les animaux
inférieurs ; car, le roi ayant perdu sa perfection, le domaine tout entier
tomba dans le désordre.
En outre, les enfants d'Adam ne purent obtenir de lui — leur procréateur — les droits, privilèges ou perfections physiques qu'il avait perdus et continuait de perdre ; c'est pourquoi, ainsi que le montrent les Écritures, toute la race d'Adam tomba avec lui sous le coup de la malédiction, c'est-à-dire de la mort ; par suite, nous qui sommes des créatures à l'image de Dieu, qui avons des facultés d'intelligente appréciation de la vie éternelle, nous dirigeons nos regards vers Dieu pour savoir si, oui ou non, sa sagesse, son amour, sa justice et sa puissance infinis peuvent, ensemble, produire un plan de salut pour l'homme, par lequel Dieu puisse être juste, et cependant être le justificateur de celui qui croit en Jésus. — Rom. 3 : 26.
Cette espérance n'est pas
vaine non plus. Les dispositions de Dieu, réalisées par Christ, consistent
comme cela est révélé dans les Écritures, en une résurrection des morts, un rétablissement de l'homme à sa condition première. Il est
vrai qu'il y a des réserves et des conditions ; tous ne reviendront pas à la
faveur divine, mais une occasion d'y revenir sera donnée à tous, avec la forte
probabilité, croyons-nous, qu'une majorité de la postérité d'Adam, quand
elle connaîtra la vérité, acceptera avec gratitude la grâce de Dieu par
Christ, et conformera sa vie à la loi de la Nouvelle Alliance, par la foi dans
le Rédempteur.
Il ne nous appartient
cependant pas, ni à personne, de répondre à la question à laquelle notre
Seigneur refusa de répondre, à savoir : « Ceux qui doivent être sauvés,
sont-ils en petit nombre ? » (Luc
13 : 23). Ce que nous avons le privilège de faire au plus est de montrer qu'
« une rançon pour tous »
a été donnée par notre Seigneur, ainsi que la promesse qu'au « propre
temps » tous viendront à la connaissance de cette grande vérité et
auront l'occasion d'obtenir la vie éternelle de lui, la grande lumière qui
« éclairera encore tout homme venant au monde »
(1 Tim. 2 : 4-6 ; Jean 1 : 9). Nous devrions répéter et nous répétons
dans cet Age à tous ceux qui ont « des oreilles pour entendre »,
les paroles du Maître : « Luttez donc pour entrer par la porte étroite,
car beaucoup... chercheront à entrer et ne pourront pas, dès que le Maître de
la maison se sera levé, et aura fermé la porte » (Luc 13 : 24, 25). En
d'autres termes, l'appel, le seul appel de cet Age de l'Évangile, est pour le
chemin étroit du sacrifice de soi-même, et aucun intérêt matériel ne
devrait nous distraire, ni ralentir notre course en vue du grand prix de
l'immortalité qui est maintenant (*) [Écrit en 1899 — Trad. ] offert. Lorsque le nombre des « élus » sera complet, et que
la grande tribulation de la fin de cet Age nous avisera que l'Église est complète
et glorifiée, il y en aura beaucoup qui apprécieront d'une toute autre manière
les futilités du monde qui les empêchent maintenant de remplir leurs vœux de
consécration.
Le plan de salut de Dieu pour l'ensemble de la race d'Adam consiste à présenter
à chaque membre de cette race, pendant le Millénium, l'offre de la vie éternelle
sous les conditions de la Nouvelle Alliance que le sang précieux de l'Agneau a
scellée pour tous. Par contre il n'y a, nulle part, aucune suggestion que
l'immortalité, la nature divine, sera jamais offerte ou accordée à d'autres
qu'à l'Église « élue » de l'Age de l'Évangile, au
« petit troupeau », à « l'épouse », à « la
femme de l'Agneau ». Aux autres membres de la race d'Adam, il sera offert
le « rétablissement » (Actes 3 : 19-21) à la vie, à la santé et
à la perfection de la nature humaine — celle que possédait Adam comme
l'image terrestre de Dieu avant de perdre la grâce en tombant dans le péché
et la mort. Quand, à la fin de l'Age millénaire, tous les humains obéissants
auront recouvré ce qui fut perdu en Adam et racheté par Christ, alors
tous, nantis d'une connaissance et d'une expérience parfaites, étant donc
pleinement capables de supporter l'épreuve, seront sévèrement éprouvés
(comme le fut Adam), mais individuellement (Apoc. 20 : 7-10) ; seuls, ceux qui
seront trouvés en parfaite harmonie, dans leur cœur comme dans leur conduite
extérieure, avec Dieu et avec ses justes arrangements, seront autorisés à
passer au-delà du Millénium dans les âges futurs éternels ou « monde [âge]
sans fin ». Tous les autres humains seront détruits dans la Seconde Mort
— « exterminés d'entre le peuple ». — Actes 3 : 22.
II n'y aura plus ni mort, ni
soupirs, ni cris, mais ce ne sera pas parce que les vainqueurs de l'Age millénaire
seront couronnés de l'immortalité, mais parce qu'ayant appris à juger entre
le bien et le mal et leurs effets, ils auront formé des caractères en plein
accord avec Dieu et la justice ; ce sera aussi parce qu'ils auront subi
victorieusement les épreuves démontrant qu'ils désireraient ne pas pécher même
si l'occasion se présentait sans entraîner aucun châtiment. Ces humains
n'auront pas la vie en eux-mêmes, mais leur existence dépendra encore des
aliments, etc, nécessaires, donnés, par Dieu pour l'entretien de la vie. —
Comparez Apoc. 21 : 4, 6, 8 ; 7 : 16 ; Matth. 5 : 6.
De même que la malédiction
amena la mort de l'humanité, ainsi l'enlèvement de la malédiction signifie
l'enlèvement de toutes les oppositions légales qui empêchaient l'homme de
rentrer en possession de toutes les bénédictions originelles accordées en
Eden. Cependant, l'homme, aujourd'hui dégradé et imparfait mentalement,
moralement et physiquement, n'est pas en mesure de jouir des perfections d'un
Eden ou des conditions d'un Paradis dont Adam pouvait jouir ; c'est pourquoi le
dessein divin est que « dans les temps du rétablissement », pendant
l'Age millénaire, l'homme dont les péchés ont été effacés par la mort de
notre Seigneur Jésus, puisse être ramené par ce dernier, le Dispensateur de
vie et le Libérateur de l’esclavage du péché et de la mort, à la plénitude
et à la perfection de la ressemblance originelle avec Dieu. En outre, selon le
plan divin, nous constatons que l'expérience de l'homme avec le péché
constituera une leçon qui aura une influence éternelle sur certains ; ils
connaîtront ainsi, par l'expérience personnelle, quelque chose de « l'excessive
gravité du péché » (*) [Rom. 7 : 13 — version N.T. de Goguel
et Monnier — Trad. ], et de son salaire ou
châtiment inévitable : la mort. De cette manière, lorsque, durant l'Age millénaire,
les humains seront amenés à la connaissance de la justice, de la vérité, de
la bonté, de l'amour et de toutes les grâces et qualités du caractère divin,
ceux qui seront bien disposés et obéissants connaîtront et apprécieront le
privilège de la vie éternelle d'une manière qu'Adam, notre père, n'aurait
jamais connue et n'aurait jamais pu apprécier.
Pour arriver à un tel résultat, l'action exercée par la mort sur la
race dans son ensemble fut graduelle ; le processus de la résurrection
doit être graduel : petit à petit, pour ainsi dire, l'humanité sera relevée,
relevée, relevée, hors de la fange du péché, hors du terrible abîme de la dégradation
et de la mort jusqu'à la cime élevée de la perfection et de la vie d'où elle
était tombée dans la personne d'Adam, le père. Il y a une seule exception à
ce programme général pour le monde : les Écritures nous montrent en effet que
quelques individus sont ramenés en harmonie avec Dieu avant le reste de
l'humanité ; ils forment la postérité d'Abraham, selon la chair et selon
l'esprit. — Gal. 3 : 29 ; Héb. 11 : 39, 40.
Vu ainsi, à la lumière des Écritures, le sujet de l'immortalité brille d'une manière resplendissante. Il
permet de comprendre que le « don [général] de Dieu, la vie éternelle »,
pourra être offert à tous ceux que le Rédempteur trouvera dans de bonnes
dispositions pour l'accepter (sous les conditions telles que, seules, elles
feront de ce don une bénédiction), et que les sujets indignes seront soumis au
juste châtiment toujours proclamé par le grand juge de tous, à savoir :
« Le salaire du péché,
c'est la mort ». — Rom. 6 : 23.
« L'âme qui pèche,
celle-là mourra ». — Ezéch. 18 : 4, 20.
« Celui qui ne croit
pas au Fils ne verra point la vie ; mais la colère de Dieu [la malédiction, la
mort] demeure sur lui ». — Jean 3 : 36.
Ainsi trouvons-nous que sur
ce sujet comme sur d'autres, la philosophie de la Parole de Dieu est plus
profonde, comme elle est aussi plus claire et de beaucoup plus rationnelle que
les systèmes et les doctrines des païens. Loué soit Dieu qui nous a donné sa
Parole de Vérité et des cœurs disposés à l'accepter comme la révélation
de la sagesse et de la puissance de Dieu !
« Je te célébrerai de ce que j'ai été fait d'une étrange et admirable manière. Tes œuvres sont merveilleuses, et mon âme le sait très bien. Mes os [organisme] ne t'ont point été cachés lorsque j'ai été fait dans le secret, façonné comme une broderie dans les lieux bas de la terre. Tes yeux ont vu ma substance informe, et dans ton livre [mes membres] étaient tous écrits ; de jour en jour [graduellement] ils se formaient, lorsqu'il n'y en avait [encore] aucun » . — Ps. 139 : 14-16.
* * *